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Albert BITRAN (1931-2018)

 

Albert  BITRAN - Nature morte, 1968
Albert  BITRAN - Rouge latéral sur verticale
Albert  BITRAN - Oblique, 1989
Albert  BITRAN - Horizontale noir,1996
Albert  BITRAN - Noir, 2000
Albert  BITRAN - Gris, Beige, Jaune, 2001
Albert  BITRAN - Sans titre, 2004

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Albert Bitran
Né à Istanbul, Albert Bitran fait ses études au collège Saint-Michel d'Istanbul où il passe les bacs turcs et français. À 17 ans, il vient à Paris pour faire des études d’architecture qu’il abandonne rapidement pour se consacrer à la peinture.
Lors de la première exposition personnelle de ses œuvres géométriques, en 1951 à la galerie Arnaud, lieu de rencontre de l’avant-garde de Saint-Germain-des-Prés, il n’a que 20 ans, et il participe à de nombreuses manifestations dont la première exposition d’art abstrait de Caracas et « Divergences » à Paris au théâtre de Babylone. En 1954, il expose à la galerie Denise René, avec une préface de Henri-Pierre Roché qui lui ouvre sa prestigieuse collection et lui loue une chambre boulevard Arago où il peint.
Mais, quittant l’abstraction géométrique, Bitran s’oriente vers la peinture de recherche qu’il poursuivra toute sa vie. Il fait de longs séjours dans le Midi et ses premières études portent sur le thème du paysage, thème qu’il développera jusqu’à Naissance d’un paysage, grand collage de 1956 qui participera à l'exposition « L’Envolée Lyrique3 » au musée du Luxembourg en 2006.
En 1958, Albert Bitran se marie, prend la nationalité française, s’installe rue des Plantes et dans l’Aube à Rigny-le-Ferron où il a un atelier de céramique. Il fait aussi de longs séjours en Italie où il travaille et expose. À Paris, c’est surtout Jean Pollack qui montrera son travail dans de nombreuses expositions à la galerie Ariel. Dans les années 1960, Bitran développe avec les dessins, les papiers marouflés et les huiles, les thèmes de « L’Atelier » puis « Intérieur-Extérieur ». Il travaille aussi depuis 1962 la gravure et la lithographie, chez Mourlot d’abord, puis chez Bellini et Leblanc. En 1961, dans sa galerie de Copenhague, Borge Birch fait la première exposition personnelle de Bitran en Scandinavie. Et les pays du Nord où il se rendra souvent manifesteront désormais un grand intérêt pour son travail, tout comme les Pays-Bas où il exposera régulièrement, d’abord à Nova Spectra à La Haye, puis, à partir de 1971, à Amsterdam dans la galerie de Martin de Boer.
En 1968, il emménage rue Notre-Dame-des-Champs, à Montparnasse, où il travaillera et habitera jusqu’en 2000. À partir de 1970, il crée les « Doubles », interrogation analytique de sa peinture. « Avec Les Doubles Bitran perfectionne son piège » écrit Jean-Louis Baudry en 1973 dans sa préface de l'exposition galerie Ariel. « Le double condense les termes de l’énigme » écrit le philosophe Claude Lefort dans Bitran, ou la question de l'œil en 1975, texte repris dans Sur une colonne absente chez Gallimard. Comme eux d'autres amis écrivains suivront le travail de Bitran et écriront sur sa peinture: entre autres Charles Estienne, Jean Paris, Pierre DaixAlbert MemmiJean-Dominique ReyDora VallierManès SperberGeorges BorgeaudJean-Luc ClalumeauGérard-Georges Lemaire.
En 1973, il crée « Sextuor », suite de six tableaux en cycle clos, exposés selon un plan de Ricardo Porro, dans les musées en Norvège, au Danemark, aux Pays-Bas, en France, en Autriche, et qui se trouve à Toulouse, acquis par le Frac Midi-Pyrénées. Les thèmes suivants sont les « Obliques », les « Linéaires » et les « Latéraux ».
En 1979 et en 1980, Bitran dirige le séminaire de la SommerAkademie de Salzburg et Manès Sperber préface son exposition à la Traklhauss.
Au début des années 1980, Bitran installe son atelier dans le Lot où il travaille de longs mois, expérimentant des techniques d’huiles sur papier et sur carton. Il crée les «Grandes Formes» que Patrick Bongers choisira pour sa première exposition de peintures à la galerie Louis Carré en 1987. Autres expositions personnelles de ces œuvres : en Suisse, en 1986, galerie Numaga, Auvernier, au Danemark, en 1988, galerie Brix, Copenhague, en Allemagne en 1990, galerie Boissérée, Cologne, au Japon en 1990, Art Point, Tokyo ; aux États-Unis en 1992 galerie Louis Stern, Los Angeles.
Une rétrospective lui est consacrée au Musée de Campredon, à l'Isle-sur-la-Sorgue, en 1991. À cette occasion, il a un entretien filmé avec Jean Paris qui sera publié dans Coloquio, revue de la fondation Gulbenkian de Lisbonne. La Maison des arts Georges-Pompidou de Cajarc présente « Albert Bitran, peintures et dessins 1980-1992 », œuvres dans lesquelles se retrouvent la lumière et les falaises du Lot, avec des préfaces de Dora Vallier et de Claire Stoullig.
Inspirées de ses souvenirs d’enfance à Istanbul, et de ses nombreux voyages en Turquie, les « Arcades » — peintures et sculptures — sont exposées d’abord à Istanbul à Aksanat et, en 1997, à la Galerie Nev à Ankara, puis en France à l’Espace Écureuil de Toulouse avec une préface de Pierre Daix.
Après la série sur « Les Noirs », huiles sur papier, exposées à Mexico en 2008, puis dans divers centres culturels en France, Bitran poursuit cette recherche sur de grandes toiles qu'il exposera à la galerie Grosvenor à Londres en 2010 ("Obliques") et 2011, à la galerie des Tuiliers à Lyon en 2012 ("L'Erosion des Noirs"), au centre culturel de Mont-de-Marsan en 2013 ("Méandres").
En 2013, le Centre Pompidou a présenté dans l'exposition «Modernités plurielles» un tableau de ses collections, Un soleil neuf de 1960, qui sera par la suite présenté à la Fondation Clément en Martinique dans l'exposition "Le Geste et la Matière".
En 2000, Bitran a quitté Montparnasse pour Montrouge où il a construit sa maison et son atelier.


 

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